Suivez étape par étape l'ascension du Ventoux à vélo de Laurent et Damien. Deux instagrammers complices, très sportifs et passionnés du Mont-Ventoux ! Des détails utiles pour préparer votre propre montée. De l'effort et un grande satisfaction au sommet !

Rendez-vous à 10h30 ce dimanche 27 mai 2018 avec Damien pour cette première ascension de l'année. Pour bien se préparer, il est indispensable de bien regarder la météo mais malgré cela le temps peut réserver bien des surprises. Ce jour là, on a de la chance, la météo est plutôt clémente par rapport aux prévisions, je prends quand même un vêtement chaud, un coupe vent pour la descente et un k-way au cas où il se mettrait à pleuvoir. Après avoir rempli les bidons d'eau et pris de quoi manger en cas de fatigue je vérifie qu'il ne me manque rien, je pars toujours avec une pompe et un petit outil afin de pouvoir faire les petites réparations qui pourraient être nécessaires.
A Bédoin, l'ambiance est toujours au rendez-vous : un petit groupe de Hollandais encourage les cyclistes avec des petits fanions, ils sont venus en vacances au Mont Ventoux en famille et jouent les supporters d'une journée pour leurs proches et inconnus qui se lancent dans l'aventure.

Les premiers kilomètres sont enivrants, nous croisons de nombreux cyclistes et la vue du sommet nous indique la tâche à accomplir. Mais ils peuvent aussi représenter un piège si l'on se hâte trop, mieux vaut se préserver car le virage de St Estève où commence la forêt de Bédoin ne plaisante pas avec les intrépides. La pente y est très dure et ce jusqu'au Chalet Reynard soit pendant presque dix kilomètres. Une fois que l'on a trouvé son rythme, l'ascension est très agréable et la rencontre avec les amoureux du vélo est chaleureuse, des « bonjours » sont échangés et il n'est pas rare de pouvoir engager une discussion avec les compagnons de route.
Un cycliste originaire de Belgique nous explique qu'il le grimpe pour la première fois et se laisse prendre en photo malgré l'effort. Peu de temps auparavant nous nous faisions doubler par un habitué qui le grimpe de nombreuses fois chaque année comme beaucoup de passionnés du Géant de Provence.
Pour éviter d'engourdir les jambes, il ne faut pas hésiter à se mettre en danseuse. Ainsi je profite des moments difficiles comme au virage de la citerne où à deux kilomètres du chalet Reynard pour me lever de ma selle et me ménager au maximum pour le reste du parcours. Il faut aussi boire et s'alimenter régulièrement pour renouveler son énergie (en gardant les emballages dans les poches pour ne pas dégrader l'environnement). Les bornes sont une indication précise sur l'évolution de la grimpée et une fois la dernière borne avant le Chalet Reynard franchie, on sait déjà que l'on a franchi un sacré cap.

La vue du Chalet Reynard est toujours un soulagement durant l'ascension depuis Bédoin. Ce lieu constitue le départ des célèbres virages lunaires qui ont comme point de mire la station météo qui constitue l'emblème du Ventoux. Ce paysage et cette vue imprenable sur la Provence sont toujours époustouflants et sont source de motivation supplémentaire pour arriver au sommet, de plus un passage nous permet de pouvoir bien récupérer avant d’attaquer les derniers kilomètres. Après un virage, nous voyons des panneaux nous indiquant que l'on va être photographié, en effet de nombreux photographes sont présents tous les jours sur le Ventoux pour immortaliser les cyclistes.
La route depuis le chalet Reynard est très empruntée chaque jour car les ascensions depuis Sault terminent aussi sur cette voie.

Les deux derniers kilomètres sont très difficiles et une fois arrivés au col des tempêtes il faut s'accrocher pour résister à la pente et aux vents forts, le dernier virage représente un mur qui à lui seul résume le périlleux défi que représente cette ascension.

Une fois arrivé aux cotés des nombreux courageux qui prennent la pose ou récupèrent de leurs efforts, on est gagné par une grande émotion et on peut laisser éclater sa joie. La vue à 360° est à couper le souffle et le panneau indiquant 1909 mètres se détache dans le ciel pour tous ceux qui veulent leur trophéephotographique.

Au sommet les bravos et les rires se font entendre et on encourage ceux qui approchent. Il y a toujours une bonne atmosphère aux côtés de la Borne finale de la D974, croisée des routes des ascensions de Sault et Bédoin côté Sud et de Malaucène côté Nord. Une boutique Souvenir nous permet d'acheter ce dont on a besoin et un restaurant d'altitude se trouve en bas du dernier virage qui mène à la chapelle.

Il est temps de redescendre et si la montée est difficile, la descente est à coup sûr très dangereuse, en raison de la pente et aux nombreux usagers quotidiens de cette route. Il faut être très prudent et ne pas oublier de porter un casque.
Arrivés à la forêt de Bédoin, la pluie se met à tomber, je m'abrite quelques instants sous un arbre et enfile mon K-Way, pour rester sec, je redouble de prudence pour ne pas glisser dans la pente.

Une fois en bas, l'ascension terminée, nous nous félicitons avec Damien et ne pensons qu'à une chose, notre prochaine virée en haut du mythique sommet.

Laurent Salive