Les premières ascensions du Ventoux...

La plus ancienne relation écrite de l’ascension du Mont Ventoux date du 14ème siècle… en effet, le 26 avril 1336, François Pétrarque, qui vit au bord des eaux limpides, décide de gravir la montagne. Plusieurs siècles s’écoulent avant que de nouveaux ascensionnistes ne laissent un témoignage écrit de leur passage au sommet.
Ce n’est qu’à partir du 18è siècle qu’astronomes, botanistes, géographes et autres naturalistes publient le résultat de leurs observations. Plusieurs dizaines d’années après, écrivains, poètes et félibres en quête d’inspiration découvrent à leur tour la montagne.

La construction de l'observatoire

En 1882 sur le versant sud, c’est la création de la route d’accès pour transporter le matériel nécessaire à la construction de l’observatoire. Il a fallu près de trois années pour venir à bout des vingt et un kilomètres de cette nouvelle route. Cette voie carrossable achevée en 1886, ouvre définitivement l’accès vers le sommet où s’aventurent les premiers excursionnistes et cyclotouristes. L’absence d’un lieu de ravitaillement et de repos ne tarde pas à se faire sentir. M. Jean, un hôtelier du pays, reçoit le 1er juin 1889, l’autorisation d’utiliser pendant l’été trois pièces du rez-de chaussée de l’observatoire ainsi qu’une baraque en bois qui avait servi de remise lors de la construction du bâtiment. Le premier hôtel du Mont Ventoux vient de naître. François Vendran, prend la suite du premier hôtelier dans les dépendances de l’observatoire. En deux années l’hôtel devient « l’hôtel de l’Observatoire du Mont Ventoux ». A l’intérieur, une grande salle à manger et huit chambres confortables à l’étage.

Les premières courses automobiles

Vers les années 1900 les premiers automobilistes arrivent sur le Ventoux .C’est aussi le début de manifestations sportives internationales qui feront parler du Mont Ventoux dans le monde entier. L’hôtel inaugure le 20 septembre 1903 son restaurant à l’occasion d’un buffet offert par l’Automobile club d’Avignon aux pilotes de la course de côte.

Les joies du ski

Au début du printemps 1925, Pierre de Champeville, de plus en plus déterminé à développer le tourisme de plein air dans le Vaucluse et notamment sur le Ventoux, part seul gravir la montagne. Il découvre d’immenses champs de neige qui lui semblent propices à la pratique du ski .

A Carpentras, quand il évoque cette idée, on le brocarde, pensant comme l’écrira plus tard son ami Robert Caillet, délégué du Touring Club de France, « qu’il serait aussi ridicule de vouloir chausser des skis en Provence, que d’aller faire la cueillette des oranges ou des olives à Megève ou à Font Romeu ».

Il entraîne un groupe de jeunes gens sur les pentes du versant sud dans des voitures mises à sa disposition par son ami garagiste Génas. Il propose à certains d’entre eux de chausser des skis prêtés par des militaires et ainsi de « démontrer la possibilité pour tous – et même pour les dames – de se livrer aux sports d’hiver sur le Ventoux ». On reconnaît, outre son ami Firmin Meyer et son épouse Louise, le pilote automobile Pierre Rey, mais aussi Paul Conil et Charles Doux, les frères Jean et Robert Blatrix, « Manu » Cardaire, Armand Fayard…

Enthousiasmé par la réussite de cette expérience, il incite l’Auto-Moto Club de Carpentras à créer une section ski.

La nouvelle se répand dans la plaine du Comtat. Il fait appel à quelques-uns de ses amis du Ski-club forézien pour faire des démonstrations spectaculaires sur les pistes.

 

Source Bernard Mondon, Directeur des Carnets du Ventoux